Au cours de la dernière séance du conseil municipal en date du 5 avril 2007, notre maire, Alain Ligné avait invité Mr Birée directeur du Centre Hospitalier Nord Deux-Sèvres, Mr Cochard délégué CGT et représentant du personnel, le Dr El Khourge représentant de la commission médicale pour faire le point sur le dossier du futur plateau technique.Après l’avortement du projet en mai 2004, le site de Faye l’Abbesse est à nouveau retenu pour le futur aménagement du CHNDS dans le cadre du plan Hôpital 2012. Un désir très net de la direction, du personnel et de la communauté médicale s’est à nouveau fait sentir en faveur de la construction d’un plateau technique unique.
Un plateau technique unique et deux entrées sur les sites de Thouars et Parthenay
Si le site d’implantation de ce nouvel équipement avait été la pierre d’achoppement en 2004, il semble, cette fois-ci, que le site de Faye l’Abbesse obtienne l’approbation de tous, car « il faut arrêter la guerre », comme le précise Mr Cochard, pourtant favorable initialement à un site plus central, au même titre que les élus de la majorité du conseil municipal de Thouars. Toutefois, ce consensus ambiant répond à certaines conditions en terme d’aménagements, notamment sur le site de Thouars : maintien de la psychiatrie, des urgences et des soins de suite (moyens séjours). L’architecture finale de ce nouveau centre hospitalier impliquerait donc un nouveau plateau technique opérationnel et moderne (propre à attirer les praticiens) et l’existence de portes d’entrée, notamment à Thouars et Parthenay, car l’enjeu est de ne pas perdre la clientèle de la gâtine. Le Conseil Général, comme en 2004, apporte à nouveau son soutien et son concours à la réalisation du projet en terme d’infrastructures routières entre Thouars et le futur site du plateau technique.
Fort de cette nouvelle dynamique, Maurice Birée a expliqué que le projet médical sera entériné d’ici la fin du 1er semestre 2007 pour une ouverture de l’unité technique fin 2011. En revanche, interrogé par votre serviteur sur l’enveloppe budgétaire qui sera accordée par l’Agence Régionale d’Hospitalisation (ARH) pour la réalisation de cet équipement, Mr Birée n’a pu apporter de précision, arguant du fait que la priorité était avant tout de faire reconnaître le Nord Deux-Sèvres comme territoire de santé.
Rappelons qu’en 2004, dans le cadre du plan Hôpital 2007, l’ARH avait avancé une enveloppe exceptionnelle de 60 millions d’€ pour la réalisation de ce plateau technique. Comment ne pas être choqué devant ce dossier ? Nous avons perdu 5 ans pour en revenir au même point sans certitudes quant au financement et le maintien de certains services (moyens séjours à Thouars). Car si le consensus est acquis au plan local, il reste à convaincre l’ARH.
Rappels
En 2002 et 2003 une nécessaire réflexion sur le devenir de l’Hôpital Nord Deux-Sèvres, éclaté sur trois sites, est en cours. L’objet est de faire mieux en terme d’offres de soins, de réaliser des économies et d’avoir un équipement moderne qui puisse répondre aux besoins de la population et être attractif pour les praticiens.
En septembre 2003, le Conseil d’administration décide que l’implantation du futur plateau technique sera Faye l’Abbesse. Devant cette décision unilatérale, les élus de la majorité municipale de Thouars conforté par la communauté médicale et le personnel de l’hôpital préconisent un positionnement plus central et revendiquent le site de la Maucarrière, situé à équidistance des 3 villes. Le Maire de Bressuire rejette sans concession cette proposition, de même qu’il rejetait le site de Faye l’Abbesse. Un collectif de Thouarsais forme un groupe de pression pour défendre l’Hôpital, mais semble plus enclin à conserver l’acquis et rejette le plateau technique unique. La Cacophonie devient totale, toutefois elle a le mérite de remettre tout à plat. De nouvelles discussions impliquant tous les décisionnaires (praticiens, élus des trois villes, personnel, médecins libéraux) sont sur le point de débuter.
Intervention de Dominique Paillé
Le député Dominique Paillé entreprend de manière unilatérale une discussion avec le ministre de la santé de l’époque, Mr Douste-Blazy. A la surprise générale au cours du conseil municipal de Thouars de mai 2004, il nous est annoncé l’abandon du projet plateau technique et une obole de 20 millions d’€ pour assurer le maintien du CHNDS dans son état actuel. Mais pour combien de temps ? En agissant de la sorte, le député ne venait de prescrire qu’une dose de morphine mais ne réglait en rien les problématiques rencontrées par le CHNDS. La preuve, en 2007 nous revenons sur le projet initialement dévoilé. Où est la responsabilité des élus ?
Les vrais enjeux : entre offre de soin et attractivité du territoire
Quels sont les enjeux dans cette affaire ? Il y a bien sûr en tout premier lieu le besoin de répondre aux besoins des patients et d’assurer la pérennité du CHNDS ; ceci relève de la communauté médicale et de la direction de l’hôpital. Dès lors, le lieu d’implantation n’est pas un problème majeur. Cela étant un deuxième enjeu survient, c’est celui de l’aménagement du territoire et celui-ci est de la responsabilité des élus (municipaux et parlementaires). En réagissant devant une décision unilatérale, les élus de Thouars, n’ont fait que défendre le potentiel d’attractivité de la ville. Or, si nous étions prêts à souscrire un aménagement du CHNDS à 20 minutes de la ville, celui-ci ne pouvait se faire au bénéfice d’une autre ville. La particularité du Nord Deux-Sèvres est son éclatement urbain en 3 petites villes de taille identique en plein milieu rural. Ici plus qu’ailleurs, l’enjeu de ces trois cités est d’exister à proximité des grands centres urbains des départements voisins. Le fragile équilibre du Nord Deux Sèvres repose sur la discussion et l’entente entre Parthenay, Thouars et Bressuire.
Nous sommes revenus en 2007 au point de départ. Cette fois-ci le consensus est inscrit. Reste à veiller sur sa bonne exécution (le financement, et le respect des engagements définis en terme d’aménagements). Nous tous, patients et/ou citoyens des 3 villes avons à y gagner.