De l'UDF au Parti Démocrate, la fédération UDF des Deux-Sèvres à l'unissons

Publié le par Jean-Philippe COLLET

 udf.jpgLes enseignements du scrutin du 22 avril

 Vendredi 27 avril , la fédération UDF des Deux-Sèvres s’est rassemblée pour faire le bilan du scrutin du premier tour et analyser les perspectives à venir.

Trois éléments ressortent :

-          La participation exceptionnelle

-          Le vote utile, inscrit sans doute dans l’ombre du 1er tour des élections de 2002

-          L’adoubement d’une troisième voie, celle portée par François Bayrou

Ces trois constats relèvent d’un formidable élan de confiance des Françaises et des Français pour nos institutions républicaines et démocratiques.

Néanmoins, le troisième constat propose aussi une autre analyse : près d’un électeur sur cinq (plus de 6 800 000), réclame une alternative républicaine et européenne au clivage droite gauche traditionnel.

 Nous l’avons déjà évoqué dans un autre article (ici), le score atteint par le projet de François Bayrou dans un climat de vote utile est tout à fait remarquable et démontre le souhait des Français de changer la classe politique.

 La mutation républicaine : confirmer le scrutin du 22 avril

 L’enjeu aujourd’hui pour l’UDF et pour François Bayrou réside dans la transformation de l’essai du premier tour. Dans de telles circonstances, il apparaît évident que la démarche centriste doit être poursuivie et confirmée. Les adhérents de la fédération UDF 79, se sont tous félicités à ce titre du choix de François Bayrou de ne donner aucune consigne de vote. Il en va du respect du projet initial, du respect des membres historiques de l’UDF, et aussi de celui des électeurs. Chacun est libre de porter son choix en fonction de ses aspirations ou plus exactement en fonction de la personnalité des deux candidats qui débattrons au second tour, l’élection présidentielle ne prévoyant pas de triangulaire. Le principe de la Ve République sera donc respecté, au premier tour on choisit le meilleur, au second le moins pire.

 La refonte de l’UDF vers un futur parti démocrate ou alliance démocrate a été également unanimement approuvée par la fédération. Elle prend en effet tout son sens dans le projet de François Bayrou. Elle inscrit de manière définitive l’indépendance de l’UDF à l’égard de son ancien allié UMP.  Elle fait preuve de respect à l’égard de l’électorat de gauche qui a choisi de rejoindre la démarche de François Bayrou. Enfin, elle confirme la mutation de l’UDF vers un troisième pôle républicain et européen.

 

 Une concurrence républicaine saine et salutaire pour la démocratie

 Tout ceci est à bien des égards déroutant. Le débat entre François Bayrou et Marie- Ségolène Royal constitue à cet effet le premier acte du nouveau rapport de force. Il est dommage que l’UMP, dans sa position de grand vainqueur du premier tour, n’accepte pas ce pas de trois(en témoigne la position de Dominique Paillé ici). Quelle que soient les intentions politiciennes  de Marie-Ségolène Royal en vue du second tour, l’existence d’un débat ou d’un dialogue (pour reprendre sa terminologie) avec François Bayrou n’est en rien un acte condamnable quand bien même ce type d’échange constitue une première dans les annales de la Ve République. Que l’UMP se rassure, l’UDF n’a pas plus envie de soutenir le PS que l’UMP. L’UDF a tout simplement décidée de remplir pleinement son rôle de force politique nouvelle et moderne. La concurrence est saine et salutaire.

 

Attention PS en danger

 Ce qui devient inquiétant c’est la débandade au sein du PS (lire article de 20 minutes). Ce parti est en train de se déchirer devant ses propres contradictions. Le temps du choix entre la sociale démocratie européenne et le socialisme archaïque antilibéral et antieuropéen doit arriver à son terme. Ces contradictions ont conduit le parti à se réfugier dans l’immobilisme, de telle sorte qu’il ne contribue plus ou peu au débat démocratique et aux échanges d’idées sur les nécessaires réformes dont notre pays a besoin. Le symptôme le plus flagrant de cette crise d’identité reste encore le choix de la candidate à l’élection présidentielle réalisé par l’opinion publique ou encore le ralliement de personnalités de gauche à François Bayrou au cours de la campagne pour le premier tour. Alain Etchegoyen dans son oeuvre, Le temps des Responsables, mettait en garde les responsables politiques sur la contradiction du temps médiatique qui peut conduire à la perte de responsabilité, repère essentiel de la vie publique (ici).

L’UDF ou le futur parti démocrate qui en découlera n’a pas pour vocation de remplacer le PS dans le paysage politique français. L’UDF est la voie du centre et entend bien le rester.

 

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Publié dans élections

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